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La flat tax en 2026 : ce que ça change si tu investis

· 7 min de lecture

La flat tax, c'est quoi au juste ? (le PFU en 30 secondes)

La flat tax, c'est le nom courant du prélèvement forfaitaire unique (PFU). C'est l'impôt qui s'applique par défaut, sans que tu aies rien à faire, sur la plupart des revenus que rapporte ton argent placé : les dividendes (la part des bénéfices qu'une entreprise reverse à ses actionnaires), les intérêts, et les plus-values (le gain réalisé quand tu revends un placement plus cher que tu ne l'as acheté).

Concrètement, dès que tu investis sur un compte-titres ordinaire (CTO), une enveloppe classique pour acheter des actions ou des ETF, c'est cette flat tax qui s'applique sur tes gains. Un seul taux, le même pour tout le monde, peu importe ton niveau de revenus. C'est ce côté « forfaitaire » qui a fait son succès : simple à comprendre, prévisible.

Si tu débutes et que tu hésites encore sur l'enveloppe à ouvrir, jette un œil à notre comparatif PEA ou compte-titres : lequel choisir quand on débute ? avant d'aller plus loin.

Le taux 2026 : 31,4 %, et sa décomposition

En 2026, la flat tax sur les revenus de capitaux mobiliers et les plus-values mobilières est de 31,4 %.[1] C'est le chiffre à retenir si tu investis sur un compte-titres. Si tu as déjà lu « 30 % » quelque part, c'est l'ancien taux qui valait jusqu'en 2025. Il a changé.

12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux = 31,4 %

La flat tax se compose de deux briques :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu, la part qui va directement au fisc. Elle n'a pas bougé : elle reste fixée à 12,8 %.[2]
  • 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS et compagnie), la part qui finance la protection sociale.[1]

Tu additionnes les deux : 12,8 + 18,6 = 31,4 %.

Pourquoi le taux a augmenté en 2026

La hausse vient entièrement des prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026, soit +1,4 point.[3] Elle s'explique par une hausse du taux de CSG sur les revenus du capital (de 9,2 % à 10,6 %), prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.[3]

Le texte exact, si tu veux remonter à la source : la LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026.[4] La part impôt sur le revenu (12,8 %), elle, n'a pas été touchée.[2]

Petite nuance : ce taux de 18,6 % concerne les revenus financiers (dividendes, intérêts, plus-values mobilières). Certains autres revenus du capital, comme les revenus fonciers, ne suivent pas exactement le même barème de prélèvements sociaux. Pour un article centré sur la bourse, retiens 31,4 % ; pour de l'immobilier locatif, vérifie au cas par cas.

Exemple chiffré : 1 000 € de gains sur un CTO

Imagine que tu revendes des actions sur ton compte-titres et que tu empoches 1 000 € de plus-value. Voici ce que la flat tax prélève :

ÉlémentTauxMontant
Impôt sur le revenu12,8 %128 €
Prélèvements sociaux18,6 %186 €
Total flat tax31,4 %314 €
Ce qu'il te reste686 €

Sur 1 000 € de gains, tu gardes 686 €. C'est la règle par défaut, automatique, sans rien cocher.

L'erreur classique du débutant : croire que la flat tax est toujours la meilleure option

La flat tax est simple, donc on a tendance à la croire forcément avantageuse. C'est l'erreur la plus fréquente quand on débute. La réalité : dans certaines situations, surtout si tu paies peu ou pas d'impôt sur le revenu, le barème progressif (l'imposition classique par tranches, celle de ta fiche de paie) peut te coûter moins cher.

L'option pour le barème progressif (case 2OP)

Tu peux renoncer à la flat tax et demander que tes gains soient imposés au barème progressif. Pour ça, tu coches la case 2OP sur ta déclaration de revenus (formulaire n° 2042).[1] À savoir : cette option est globale, elle vaut pour tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values de ton foyer, pas seulement ceux que tu choisis.[1]

L'idée : ta part impôt sur le revenu n'est plus de 12,8 %, mais le taux de ta tranche marginale d'imposition (ta TMI, le taux qui s'applique à la dernière tranche de tes revenus). Si ta TMI est de 0 % ou 11 %, le barème peut donc battre le 12,8 % de la flat tax. Si ta TMI est élevée, c'est l'inverse.

Règle de pouce (pas une donnée officielle) : plus ta tranche est basse, plus le barème devient intéressant. Mais ne te fie pas à un seuil magique. La bonne décision dépend aussi des bonus du barème ci-dessous et de la composition de ton foyer. Le mieux : tester les deux dans le simulateur de ta déclaration en ligne avant de valider.

Les bonus du barème : abattement de 40 % et CSG déductible

Si tu optes pour le barème, tu débloques deux avantages que la flat tax t'interdit :

  • Un abattement de 40 % sur tes dividendes : seuls 60 % du montant sont imposés.[2]
  • Une fraction de la CSG déductible (à hauteur de 6,8 %) de ton revenu imposable, ce qui réduit l'impôt que tu paieras l'année suivante.[2]

Ces deux bonus n'existent pas sous la flat tax.[2] C'est ce qui rend le calcul moins évident qu'il n'y paraît : l'abattement de 40 % sur dividendes peut faire pencher la balance vers le barème, même à TMI moyenne. Combien tu économises dépend de tes revenus, de la nature de tes gains (dividendes ou plus-values) et de ta situation familiale. Aucun chiffre universel ici, il faut simuler ton cas.

Le PEA : l'enveloppe à privilégier pour investir en actions

Si tu débutes en bourse, la meilleure parade contre la flat tax n'est pas de jongler avec la case 2OP : c'est d'ouvrir un PEA (plan d'épargne en actions). C'est une enveloppe pensée pour investir en actions européennes avec une fiscalité allégée. On en parle en détail dans notre guide débuter en bourse en 2026 : PEA, ETF et les erreurs à éviter.

Exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans

Le gros atout du PEA : tant que tu ne fais aucun retrait pendant 5 ans, ton portefeuille grandit en franchise totale d'impôt sur le revenu.[5] Et après 5 ans, tes retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu.[5] Tu effaces complètement la brique 12,8 % de la flat tax.

Seul bémol : les prélèvements sociaux restent dus, au taux en vigueur le jour du retrait, soit 18,6 % en 2026.[5] Sur le PEA aussi, ce taux a augmenté cette année (il était de 17,2 % jusqu'en 2025). Mais sur tes gains, tu passes de 31,4 % (CTO) à 18,6 % (PEA après 5 ans). La différence est énorme sur le long terme.

Plafond de 150 000 € et règle du retrait avant 5 ans

Quelques limites à connaître :

  • Le plafond de versements du PEA classique est de 150 000 € (225 000 € pour le PEA-PME, avec un cumul plafonné à 225 000 € par personne).[5] De quoi voir venir quand on débute.
  • Tout retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan.[5] Il existe des exceptions (création ou reprise d'entreprise dans les 3 mois, licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée), mais la règle de base reste : tu bloques pour 5 ans.[5]

PEA vs CTO : pourquoi commencer par le PEA

Le compte-titres reste utile : pas de plafond, accès aux actions américaines, aux ETF du monde entier. Mais quand tu démarres avec un petit budget et un horizon long, le PEA coche les bonnes cases : fiscalité réduite après 5 ans, plafond largement suffisant, et une discipline naturelle (l'argent reste investi). Le CTO devient pertinent une fois le PEA bien rempli, ou pour des actifs qu'il n'accepte pas.

Récap : comment décider entre PFU, barème et PEA

  1. Ouvre d'abord un PEA si tu investis en actions ou ETF européens sur le long terme. Après 5 ans, tu effaces l'impôt sur le revenu, il ne reste que 18,6 % de prélèvements sociaux.[5]
  2. Sur un compte-titres, la flat tax de 31,4 % s'applique par défaut.[1] Tu n'as rien à faire, c'est automatique.
  3. Si ta TMI est faible, regarde l'option barème (case 2OP) et ses bonus (abattement 40 % sur dividendes, CSG déductible).[2] Simule les deux avant de cocher, car l'option s'applique à tout ton foyer.[1]

Questions fréquentes

Quel est le taux de la flat tax en 2026 ?

En 2026, la flat tax (prélèvement forfaitaire unique) sur les revenus de capitaux mobiliers et les plus-values mobilières est de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux.[1] Le taux de 30 % que tu as peut-être lu correspond à l'ancien taux applicable jusqu'en 2025.

Pourquoi la flat tax est-elle passée à 31,4 % ?

La hausse vient des prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 % (+1,4 point) au 1er janvier 2026, suite à une augmentation de la CSG sur les revenus du capital prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.[3] La part impôt sur le revenu (12,8 %) n'a pas changé.[2]

Flat tax ou barème progressif : comment choisir ?

Tu peux renoncer à la flat tax et opter pour le barème progressif en cochant la case 2OP de ta déclaration.[1] Cette option peut être plus avantageuse si ta tranche marginale d'imposition est faible, car le barème débloque un abattement de 40 % sur les dividendes et une CSG déductible.[2] Le gain dépend de tes revenus et de ton foyer : simule les deux avant de décider, car l'option vaut pour tout le foyer.

Le PEA est-il concerné par la flat tax ?

Non, le PEA échappe à la part impôt sur le revenu de la flat tax. Après 5 ans sans retrait, tes retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux restent dus, à 18,6 % en 2026.[5] C'est ce qui en fait l'enveloppe à privilégier pour investir en actions sur le long terme.

Les prélèvements sociaux sur le PEA ont-ils augmenté en 2026 ?

Oui. Sur le PEA comme sur les autres revenus financiers du capital, les prélèvements sociaux sont passés de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026.[3] Après 5 ans, tu restes exonéré d'impôt sur le revenu, mais ces prélèvements sociaux s'appliquent au taux en vigueur le jour du retrait.[5]

Sources

  1. impots.gouv.fr, J'ai des valeurs mobilières, comment sont-elles imposées ?, Direction générale des Finances publiques (DGFiP)
  2. impots.gouv.fr, Les revenus mobiliers, Direction générale des Finances publiques (DGFiP)
  3. Legifrance, LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, Legifrance / Journal officiel de la République française
  4. Service-Public Entreprendre, Évolution du taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), Service-Public.gouv.fr (DILA)
  5. impots.gouv.fr, L'assurance-vie et le PEA, Direction générale des Finances publiques (DGFiP)

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